Coup dur, très dur

août 21st, 2007

Jean Lefranc

Au-revoir, Jean, cher Jean, puisqu’aujourd’hui, pour d’obscures raisons que les médecins nomment « médicales », tu nous a quittés. Je sais que c’est toujours ceux qui restent qui sont tristes, mais là, ils le sont vraiment, beaucoup, beaucoup trop tristes. Nous pleurons.

Tu nous cueilles comme ça, à la fin d’un été qui ne ressemble à rien, et tu tires ta révérence, sans cérémonie, en te « payant » une crise cardiaque ! Mais Jean, nous savons bien que tu n’avais pas le coeur faible, nous savons bien qu’il débordait d’humanité et d’amitié, ton coeur ! Tu ne peux pas nous la faire, à nous … C’est bon pour les médecins, ça. Ou alors, c’est qu’il a rompu sous le trop-plein d’amour que tu nous portais, à nous autres, tes contemporains, et que trop souvent, négligents que nous sommes, nous ne recevions pas comme tu l’aurais voulu. Nous savons combien ton bonheur était de partager, de donner, et de quelle gratitude tu étais capable quand tu recevais, même peu.

Il est si tôt, Charles vient juste d’envoyer ce mail terrible, qui me noue les tripes et la gorge, et déjà tu n’es plus là, tu ne seras plus là, avec ta voix chaude et ton regard qui donnait autant qu’il voulait recevoir, avec ta gouaille et ton enthousiasme à renverser des montagnes. Je ne sais plus, je suis malheureux. Perdre un ami, perdre quelqu’un de cher, avec qui la vie professionnelle, la vie tout court, était meilleure qu’avant de le connaitre, c’est difficile, même quand on l’a vécu plusieurs fois. On n s’habitue pas.

Jean, j’espère que tu vas pouvoir écouter enfin toute cette musique qui te plaisais, cette musique qui te ressemble, le jazz, et le rock, et la pop, qui transpirent des cordes de guitare, des pavillons des saxos, des blanches et noires de pianos, des baguettes de batterie !

Jean, j’espère que tu vas aimer ta nouvelle vie à t’en faire péter la jeunesse éternelle qui t’accueille maintenant, que tu vas rigoler de nous voir avec nos mines déconfites et nos bras ballants, que tu vas donner, à tes fils, à ta compagne, de là-bas, les petits coups de pouces dont on a tant besoin ici, nous autres. Je ne peux pas croire que tu sois vraiment parti.

Au-revoir Monsieur Lefranc, tu nous as tiré ta révérence, nous te saluons chapeau bas.

Leave a Reply