Quand un client nous interroge sur nos méthodes de travail, on a tendance à ressentir ce qui doit se passer dans la tête d’un chef de cuisine quand on lui demande sa recette. Entre une impression de sans-gêne, voire de voyeurisme, et une fierté face à une indéniable marque de reconnaissance.

En informatique on a souvent la culture du résultat qui prime sur celle des moyens ; pourvu que le logiciel marche, on reste plutôt discret sur le comment on l’a fait. Par réalisme.

Etre réaliste en informatique, qu’est-ce que ça veut dire vraiment ? Parce que dans le web, développer des applications comme on le faisait du temps de Merise, ça ne marche pas, il a fallu revisiter les méthodes et inventer d’autres modèles.

Nous croyons que le logiciel est trop complexe, la plupart du temps. Trop de fonctionnalités, trop de boutons, trop à apprendre pour l’utilisateur.

C’est souvent un rêve d’ingénieur, mais c’est comme beaucoup de maisons : ça ne tient pas (ou pas bien) ses promesses, c’est pas vraiment confortable et c’est un travail de chien pour l’adapter aux évolutions des besoins (quand ce n’est pas tout simplement impossible).

Quand nous proposons un descriptif fonctionnel d’un logiciel à un client, s’il ne nous connait pas il est souvent étonné : nos développements en font moins que nos concurrents ; intentionnellement. Nous développons des logiciels qui fonctionnent intelligemment, croyons-nous, qui font se sentir mieux l’utilisateur, qui lui permettent de faire les choses le plus possible à sa façon, et sont plus faciles à utiliser.

Comme beaucoup de professionnels, et d’utilisateurs, nous avons appris et découvert le logiciel avec ce que nous proposait cette industrie naissante qu’était la micro-informatique des années 80 : Visicalc, puis Multiplan et Lotus 123, avant Excel, Wordperfect et Sprint avant Word, dBase et Paradox avant 4D, PageMaker avant Acrobat, le Minitelet le videotexte avant l’html et l’Ajax. L’ordinateur personnel et l’internet se sont imposés malgré les prévisions et les souhaits des firmes alors dominantes (la plupart ont disparu) mais les vieilles habitudes, elles, sont restées cachées dans les livres de recettes (et souvent encore appliquées).

Alors quoi faire, ou plutôt comment le faire ? C’est en l’inventant pas à pas, par nous-mêmes, en tirant des leçons - partielles, de nos échecs et de nos difficultés, que nous avons commencé à progresser, avant la création d’Ubik Lab, quand nous nous appelions encore Média Technologies. Et en cherchant autour de nous d’autres professionnels, d’autres développeurs qui se posaient ce genre de questions, et qui eux aussi inventaient des réponses, testaient des idées, bref, innovaient.

[à suivre]

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