Coup de gueule
février 8th, 2007
Il n’y a qu’à ceux qu’on estime qu’on peut faire des reproches. Bien que n’étant pas adhérent de l’UPE13, la puissante section du Medef marseillais, j’y compte de nombreux amis, rencontrés notamment au CJD.
Alors quand PSE (acronyme de Professions du Sud Est, autrement dit le journal de l’UPE13) présente un film pour promouvoir sa nouvelle formule, j’y vais.
Il y avait une opportunité
On avait entendu Stéphane Duhamel, pdg de La Provence dire récemment à l’occasion d’un déjeuner-débat du Club Provence Communication (voir ce billet) déclarer que la suppression du supplément économique hebdomadaire de son quotidien était justifié par une cible de lecteurs trop étroite (je reformule) et qu’au final le volume d’infos économiques avait quand même augmenté. L’argumentation avait de quoi surprendre, mais La Provence c’est de la “PQR” traditionnelle et dans un pays comme la France, doté d’une culture économique aussi peu mature, on peut presque le comprendre, même si on le regrette amèrement.
Espoir déçu
Donc, il y avait un créneau à (re)conquérir, l’ancienne formule de PSE datant vraiment de … longtemps.
L’intérêt pour cette nouvelle formule était d’autant plus stimulé que, la discrétion étant restée de mise, la présence d’un logo évoquant fortement le symbole des flux RSS donnait à penser que l’UPE avait vraiment préparé une (r)évolution façon web 2.0.
Et bien en fait de révolution, “PSE papier” se double d’une version web, vraiment web 1.0 : pas une once d’interactivité, de dialogue, de contribution, de possibilité de commenter l’actualité ; pas de fil RSS, pas de personnalisation, pas de liens externes. A croire qu’ici on n’a pas encore aperçu ce qui devient la norme ailleurs, dans l’économie comme dans les médias.
Donc la révolution annoncée, finalement, c’est une maquette papier, au demeurant enfin lisible, et au contenu développé ; dont acte. Je ne juge pas ici du média parce qu’il y a bien plus grave : dans le dynamique film de présentation de la révolution de PSE, sont présentées les grandes rubriques et les journalistes qui les ont en charge, de façon plutôt dynamique et amusante. Je passe sur le fait que tout est tourné sur le Vieux Port (quartier que j’adore et où je travaille), ce qui parait un brin réducteur. Est-ce vraiment là que se fait l’économie du département ? Ou bien est-ce parce que le siège de l’UPE13 s’y trouve ?
On aurait bien vu des journalistes interviewés sur des zones industrielles ou d’activités, sur le port, auprès de grandes infrastructures, etc …
Quel archaïsme !
Bon, je reviens au fait. Dans le film, pour présenter la rubrique Innovations, on a un duo de journalistes qui rigolent d’un mécanisme de boite à musique ironiquement nommé “lecteur mp3″ qui joue la musique de … l’arnaque ! Et ce mot s’affiche en gros plan. Et ils en rient …
Pour le patronat marseillais, du moins pour son journal, le message est clair : “l’innovation c’est une arnaque.” Ce n’est plus de la communication subliminale, c’est une ligne éditoriale !
Qu’en pensent les adhérents de l’UPE13 qui sont des entrepreneurs de l’innovation ? Qu’en pensent les investisseurs étrangers qu’on invite à s’intéresser à notre petit coin de planète ? Qu’en pensent les étudiants et les chercheurs des facs, écoles et labos que nous finançons ? Qu’en pensent les clients qui achètent des produits innovants ? Qu’en pense Oseo-Anvar qui est annonceur dans PSE ? Qu’en pensent les lecteurs ?
On n’est déçu que par ceux dont on attend le meilleur
J’ai de nombreux amis au Medef, qu’en pensent-ils ? Je n’aimerais pas être à leur place, les adhérents qui “font” dans l’internet, dans les puces, dans les logiciels, dans les nanotechnologies, dans les biotech, dans les équipements grand public, dans les services, dans le multimédia …
Mais qui va défendre l’économie, l’audace, la créativité, l’innovation, si ce n’est pas les entrepreneurs et leurs organisations, leurs journaux et leurs communicants ?
A part ça la table ronde avec Elie Cohen était très intéressante, et pas du tout langue de bois, et le choix de la salle (l’Espace Julien, salle de concert très branchée musiques innovantes) était original et le buffet excellent.

Leave a Reply